Esquisses et croquis d’architecture – volume 2

Volume 2 de la collection Esquisses et croquis d’architecture

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Esquisses et croquis restent omniprésents dans les différentes phases d’une mission complète d’architecte. Ils prennent racine dans le processus de recherche créative, dans l’élaboration du concept de base au travers d’une réflexion libérée entre la main et la pensée.

Les esquisses sont la phrase première d’une mission d’architecte. Elles lui permettent de rendre visible le projet. Il va par ce biais communiquer ses idées et leurs concepts à ses clients, les maîtres d’ouvrage. Qu’il s’agisse de plans, d’élévations, de coupes, de perspectives, d’ambiances intérieures, tout peut donner lieu à des esquisses. Les croquis, quant à eux, réduisent le projet à ses traits essentiels. Ils sont le plus souvent des croquis d’intention, qui se détachent de la notion d’échelle tout en conservant un certain réalisme dans les proportions. Leur message est essentiellement dirigé vers le concept global du projet. Ils peuvent aussi servir à expliquer des détails techniques, aussi bien dans la phase d’étude qu’en cours de chantier.

Ce livre présente les esquisses et croquis réalisés pour dix projets de natures différentes (rénovations, réhabilitation, reconfiguration, aménagement, surélévations, transformation, construction, extension).

 L’AUTEUR

Alain Rouschmeyer, architecte, architecte d’intérieur et designer, travaille depuis plus de trente ans sur les diverses tendances de l’habitat, intégrant les nouveaux concepts d’organisation, d’optimisation et de partage des différents lieux de vie. 

en vente sur amazon : version Kindleversion Broché

Le croquis…un langage dont chacun peut s’emparer, de la conception à la réalisation.

Sans intention de dresser une liste exhaustive des différents outils de reproduction architecturale, il me semble important de souligner qu’il y a environ cinquante années à peine celle-ci était encore basée sur une proportion de 95 % de production à la main. La mine de plomb du critérium gris aluminium, l’encre de chine qui s’écoulait entre les deux lames du tire-ligne, puis plus tard du graphes et encore plus récemment le rötring, ce « stylo » calibré qui permettait, selon des règles bien normées, d’attacher une codification quasi universelle à la représentation d’un plan d’architecte, ont tous disparu au gré de l’inflation du mètre carré, emmenant dans ce tourbillon planche à dessin et autres chariots à roulettes, pour permettre aujourd’hui de réduire la taille d’un calque de 1,20 m par 0,80 m à un écran de 2560 x 1440 pixels.

« La première chose que j’ai faite au monde, c’est dessiner, comme tous les gosses d’ailleurs, mais beaucoup ne continuent pas. »

Cette phrase de Pablo Picasso résonne en moi avec une dimension qui va au-delà de sa simple expression: elle induit le fait que chaque enfant a dessiné dans sa vie et que l’on peut donc imaginer que certains réflexes subsistent.

Je dirais que je fais partie des gosses qui ont continué de dessiner…

Lorsque j’évoque l’architecture avec cette dimension interrogative du pourquoi de ma fascination des formes, des espaces, des organisations de liaisons, je ne peux m’empêcher de penser au regard que j’ai pu porter dans mes premières années, juché sur les épaules de mon père, découvrant au milieu d’une foule très dense et alignée, ma première messe de minuit. Je découvrais une multitudes de sensations qui habitaient ce lieu vaste et organisé, les regards dirigés sur le choeur de l’église où le spectacle rituel de l’évêque avec ses servants fascinait l’ensemble des gens autour de nous. Je regardais pour la première fois tous ces gens parfaitement alignés qui observaient avec une profonde sérénité les allées et venues d’un groupe de personnes sur un espace défini et dont la chorégraphie semblait parfaitement orchestrée.

L’ampleur des lieux, rythmée de piliers, l’odeur singulière de l’encens, les positions figées et contemplatives de l’ensemble des fidèles, le déplacement onctueux des prêtres, m’ont interpellé sur la logique d’implantation des éléments. L’injustice visuelle résultant des piliers, l’organisation hiérarchisée des espaces m’ont donné l’envie d’imaginer une église ronde avec un choeur central, une vision égale pour tous. De retour dans ma chambre, je prenais rapidement une feuille de papier pour traduire au mieux de mes possibilités enfantines l’expression d’une église « aboutie ».

Cette expression graphique fut également un moment fort de ma construction de complicité avec mon père, architecte. Des années plus tard, une église ronde fut imaginée et réalisée par Mario BOTTA.

Le croquis occupe tout au long d’une mission d’architecte une place prépondérante et devient très souvent sur le terrain l’expression d’une concrétisation d’une idée clé ou bien la manière de rebondir sur un propos vocal, ou encore d’appuyer une explication technique. Le croquis reste omniprésent dans les différentes phases d’une mission complète d’architecte. Il prend racine dans le processus de recherche créative, dans l’élaboration du concept de base au travers d’une réflexion libérée entre la main et la pensée. Le croquis, réalisé à main levée, est une manière pour l’architecte de traduire sa vision première et de matérialiser sa pensée.

Le dessin descriptif va permettre à l’architecte de « rendre visible » l’objet qu’il crée. Il va par ce biais chercher à communiquer ses idées et leurs concepts aux autres acteurs du projet, mais tout particulièrement à son client.

Le croquis reste prépondérant dans la démarche de l’architecte et permet à chaque instant de définir, de renforcer, d’argumenter, de collaborer, et d’engendrer la motivation du projet. A l’heure du BIM, ou du moins à l’aube de cette nouvelle approche collaborative, il est tout à fait envisageable que le BIM manager aura besoin de cette palette d’outils pour exercer un ajustement ou une correction face à des incompréhensions du concept original ou à des lacunes professionnelles.

Le croquis face à l’émergence des nouvelles technologies numériques sait garder une place primordiale et une adaptabilité réjouissante. Présent sur tous les supports numériques, le croquis conserve son intégrité face à l’ensemble des évolutions pour permettre de garder cet attrait qui le qualifie si bien, à savoir la liberté. Devant les nécessités de dématérialisation, de reproduction et de communication, il a su avec des possibilités extrêmement qualitatives se créer un chemin où il est reconnu comme primordial. Toutes les applications liées de près ou de loin au bâtiment permettent d’insérer aujourd’hui un croquis issu lui-même de l’outil support de l’application. Même les applications liées aux réceptions de travaux avec émission de réserves permettent cette intégration et sont souvent elles-mêmes génératrices de croquis possibles.

Le croquis, selon le destinataire envisagé, saura également adapter une « focale » et une « profondeur de champ » qui traduiront les éléments forts du message à privilégier. Cette interprétation sera donc directement liée à la manière de le mettre en page ou encore d’appuyer les éléments caractéristiques sans pour autant avoir le besoin de faire appel à des nécessités techniques particulières.

Le croquis est l’expression spontanée et directement impliquée d’une idée clé ou d’un schéma organisationnel.

Les supports du croquis sont variés, sans limites et sans contraintes matérielles précises. De la feuille blanche au dessous de verre d’un café en passant par le mur à peine blanchi d’un chantier, tous les supports peuvent être prétexte au croquis. Il émane d’un propos, d’un débat, d’une explication et reste le jeu subtil d’une communication bien souvent interactive.

LE CROQUIS - AR 2018-extrait
Croquis d’Alvaro Siza – Leiça da Palmeira, Portugal

extrait du livre « LE CROQUIS,…un langage dont chacun peut s’emparer… » – 88 pages illustrées de croquis

en vente sur Amazon – version Kindleversion Broché

Esquisses et croquis d’architecture – volume 1

Esquisses et croquis restent omniprésents dans les différentes phases d’une mission complète d’architecte. Ils prennent racine dans le processus de recherche créative,dans l’élaboration du concept de base au travers d’une réflexion libérée entre la main et la pensée.

Les esquisses sont la phrase première d’une mission d’architecte. Elles lui permettent de rendre visible le projet. Il va par ce biais communiquer ses idées et leurs concepts à ses clients, les maîtres d’ouvrage. Qu’il s’agisse de plans, d’élévations, de coupes, de perspectives, d’ambiances intérieures, tout peut donner lieu à des esquisses. Les croquis, quant à eux, réduisent le projet à ses traits essentiels. Ils sont le plus souvent des croquis d’intention, qui se détachent de la notion d’échelle tout en conservant un certain réalisme dans les proportions. Leur message est essentiellement dirigé vers le concept global du projet. Ils peuvent aussi servir à expliquer des détails techniques, aussi bien dans la phase d’étude qu’en cours de chantier.

Ce livre présente les esquisses et croquis réalisés pour dix projets de natures différentes (réhabilitations, rénovations, agrandissement, aménagements, réorganisation, construction, extension).

en vente sur amazon : version Kindleversion Broché

L’église ronde

« La première chose que j’ai faite au monde, c’est dessiner, comme tous les gosses d’ailleurs, mais beaucoup ne continuent pas. »

Cette phrase de Pablo Picasso résonne en moi avec une dimension qui va au-delà de sa simple expression : elle induit le fait que chaque enfant a dessiné dans sa vie et que l’on peut donc imaginer que certains réflexes subsistent.

Je dirais que je fais partie des gosses qui ont continué de dessiner…

Lorsque j’évoque l’architecture avec cette dimension interrogative du pourquoi de ma fascination des formes, des espaces, des organisations de liaisons, je ne peux m’empêcher de penser au regard que j’ai pu porter dans mes premières années, juché sur les épaules de mon père, découvrant au milieu d’une foule très dense et alignée, ma première messe de minuit.

Je découvrais une multitudes de sensations qui habitaient ce lieu vaste et organisé, les regards dirigés sur le choeur de l’église où le spectacle rituel de l’évêque avec ses servants fascinait l’ensemble des gens autour de nous. Je regardais pour la première fois tous ces gens parfaitement alignés qui observaient avec une profonde sérénité les allées et venues d’un groupe de personnes sur un espace défini et dont la chorégraphie semblait parfaitement orchestrée.

L’ampleur des lieux, rythmée de piliers, l’odeur singulière de l’encens, les positions figées et contemplatives de l’ensemble des fidèles, le déplacement onctueux des prêtres, m’ont interpellé sur la logique d’implantation des éléments. L’injustice visuelle résultant des piliers, l’organisation hiérarchisée des espaces m’ont donné l’envie d’imaginer une église ronde avec un choeur central, une vision égale pour tous. De retour dans ma chambre, je prenais rapidement une feuille de papier pour traduire au mieux de mes possibilités enfantines l’expression d’une église « aboutie ».

Cette expression graphique fut également un moment fort de ma construction de complicité avec mon père, architecte. Des années plus tard, une église ronde fut imaginée et réalisée par Mario BOTTA.

alain rouschmeyer – extrait du livre « LE CROQUIS…un langage dont chacun peut s’emparer… »

Le croquis…, un langage

NSW-V1-VUE-CH-PAR

Esquisse d’une suite parentale dans le cadre d’une rénovation d’un corps de ferme en Savoie. La chambre, située à l’étage est en liaison avec la partie séjour du rez et comporte une passerelle de liaison avec l’espace dressing et la salle de bains.