Insertion paysagère

L’insertion paysagère est devenue depuis de nombreuses années l’élément clé d’un projet, le document qui va permettre de manière spéculative l’acceptation ou le rejet de ce dernier, au travers d’une lecture qui sache prendre en compte un site donné en y insérant le visuel d’un projet. C’est la rencontre entre le réel et le virtuel à une échelle donnée et dans un espace temps défini, entre le paysage-image et le paysage grandeur nature.(1) L’insertion paysagère peut-elle être l’expression aussi factuelle d’une intégration ? L’expression d’une bonne insertion est-elle liée à l’exigence d’un mimétisme.(2) L’insertion architecturale se bonifie aujourd’hui d’un Grenelle de l’environnement qui pousse les équipes architecturales à s’interroger sur le rapport pays, paysage, appropriation, économie et analyse sociale. Insertion ou intégration ? Dans l’aspect architectural il en est un peu différemment, les deux termes se complètent et comme dirait l’architecte Philippe Madec dans le cadre du «colloque Architectures. Contexte et identités. Les défis du siècle nouveau à Brest» 2003 : « Dans notre domaine, on s’en tient à l’hypothèse qu’une insertion réussie produit une architecture intégrée.»(3)

Cet argument semble se confirmer par les propos de Augustin Berque et Alain Roger lorsque tous deux évoquent l’idée de donner du sens à un site. L’espace patrimonial est grandissant et impose au travers de la réglementation une posture qui ne semble pas simplifier la mission d’insertion paysagère. Cependant, les caractéristiques des nouvelles réglementations thermiques semblent niveler leur intégration. L’insertion paysagère, quelle que soit l’évolution des années à venir, ou quelle que soit la projection personnelle de chacun, se doit d’intégrer de nouvelles pratiques et de nouveaux modes de lecture d’un paysage qui se densifie sur plusieurs axes.

L’intérêt porté à ce sujet est lié à l’expression forte de la notion d’insertion, qui se doit aujourd’hui de prendre en compte les facteurs humains et planétaires. Cette nécessité semble indéniablement porter à l’obligation d’une réflexion globale sur la stratégie architecturale à adopter en essayant de suivre un vocabulaire d’insertion qui permettra d’envisager une cohérence globale entre densité, protection et intégration.

1 Augustun Berques – « Médiance de milieux en paysage » – 2000

2 Paul Faye « Sites et sitologie » – 1974

3 Philippe Madec : colloque Architectures – 2003

Extrait du livre: “PAYSAGES EMBOITES”